Evocation de " Syngué  Sabour " ( Pierre de patience ) , court mais intense roman d' Atiq Rahimi,
par le club de lecture, Les Livres vagabonds.

Prix Goncourt 2008
 

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Trois phrases d'auteurs, en exergue, donnent le ton. Il y est question d ' "une poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari", de l'importance du "corps" et de l'universalité du sujet : "quelque part en Afghanistan ou ailleurs". 
 
Beaucoup de choses sont déjà annoncées ...
 
Pendant la guerre en Afghanistan, au pied des montagnes de Kaboul, une jeune femme veille, dans une chambre, son mari dans le coma.
Décor minimaliste. Ecriture minimaliste.
Echos et ingérences guerrières.
Peu à peu, la voix de la femme va percer le silence, va défier ce mari inerte (devenu sa pierre de patience : dans la mythologie perse, pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser ses souffrances, ses douleurs, ses secrets ... Et la pierre absorbe jusqu'au jour où elle éclate... Et ce jour-là, on est délivré).
 
Plusieurs thèmes émergent.
 
La question du corps est essentielle. Celle du corps des femmes plus encore.
Ce corps à qui appartient-il ? A la femme ? A sa famille ? A la société ? A la religion ?
La femme est d'abord soumise. Et c'est en prenant conscience de son corps, de son désir et de son plaisir, qu'elle prend conscience de son individualité.
 
Mise en évidence aussi de la libération et de l'émancipation par la parole.
 
Sont évoqués aussi, dans ce long monologue, la vie quotidienne, le poids de la tradition, de la religion, de la loi du père ...
 
Une finale paroxystique, librement et différemment interprétée ...
 
A découvrir !